CHÂTEAU AMF3 - Performance, durée 2 après-midis, FIAC, Grand Palais, Paris 2015

 
 

Projet Arbeit Macht Frei/03 réalisé le mercredi 21 octobre 2015, de 14h à 18h, ainsi que le samedi 24 octobre 2015, de 14h à 18h, au moment de la FIAC, devant le Grand-Palais à Paris.


Le titre ARBEIT MACHT FREI (Le travail rend libre) fait directement référence à cette ambivalence Art/Travail/Marché/Liberté.

L'expression vient du titre d'un roman de l'allemand philologue Lorenz Diefenbach, « Arbeit macht frei » (1873), dans lequel les joueurs et les fraudeurs trouvent le chemin de la vertu par le travail. L'expression a également été utilisée en français (« Le travail rend libre ! ») par Auguste Forel, un scientifique suisse spécialisé dans l'étude des fourmis, neuroanatomiste et psychiatre, dans son ouvrage Fourmis de la Suisse (1920).

En 1922, la Deutsche Schulverein (de) de Vienne, une organisation nationaliste ethnique de « protection » des Allemands dans l'Autriche-Hongrie, imprime des timbres d'adhésion avec la phrase « Arbeit macht frei ». La citation est adoptée en 1928 par le gouvernement de Weimar comme un slogan vantant les effets de leur politique souhaitée de grande échelle de travaux publics programmés pour mettre fin au chômage. L'expression « Arbeit macht frei » se retrouve dans les cercles de la droite nationaliste allemande, ce qui explique son adoption ultérieure par les nazis lors de leur accession au pouvoir en 1933, et leur apposition à l’entrée de l’un des camps des îles Solovki une inscription proclamant « Par le travail, la liberté ! »


Le projet Arbeit Macht Frei/03 est une intervention artistique de type Happening, qui consiste en une série de défilés, en silence, avec 15 artistes internationaux habillés en hommes-sandwiches. Chacun présente un aperçu de son travail sur les panneaux qu’il porte. En même temps, ces deux panneaux constituent une nouvelle œuvre originale de l'artiste.

Il est bâti autour de l’idée du travail de l’artiste, de son (in)dépendance, de sa visibilité, et de son existence à travers le regard des autres...


Le travail de l’artiste est-il seul gage de sa liberté ?

Ou bien, est-ce un leurre face au diktat du marché de l’art ?


Le Projet Château AMF/3 de Jing Wang :

L’artiste incarne le personnage d'une “Femme travaillant seule” tout en faisant partie d'un groupe de travailleurs qui évolue collectivement.

Pendant le Happening, cette femme n'a aucune communication avec le monde extérieur. Elle crée une installation in situ sur les deux panneaux qu'elle porte.

Ces panneaux sont en contreplaqués peints en blanc et parcourus de fils de coton noués qui représentent des barbelés. Des roses blanches en Origami de papier de riz sont collées par dessus.

En portant les panneaux sur elle même, c'est comme un rempart qui se créé entre l'artiste et le public. Un château, ou une prison, qui l'enferme et l’empêche de s'exprimer librement.


Jing Wang s’interroge :  

- Que veut dire Le travail rend libre ?
- Pourquoi le travail nous rendrait-il “libre” ?
- Faut-il “travailler” pour avoir de la “liberté” ?
- La liberté est-elle le fruit du travail ?
- Si on travaille, on reçoit “systématiquement” de la “liberté” comme revenu ?
- Si la “liberté” vient “après” le travail, cela veut-il dire que, le travail lui-même est un acte d’emprisonnement ?
- Si on considère qu’un travail collectif est un moment d’ “emprisonnement”/d’“attachement” physique (avec contraintes ou sous conditions), est-il possible de se donner de la liberté “intellectuelle“ ?
- Dans un travail collectif, si les conditions le permettent, comment pourrait-on travailler “librement” en tant qu’individu ?


Un Grand MERCI à Djan Silveberg, artiste et organisateur de ce projet, à la Galerie Hors-Champs (Paris 3e), aux artistes qui ont participé à cette performance, ainsi qu'à toutes les personnes qui étaient là avec nous.


Djan Silveberg  http://www.silveberg.com

Galerie Hors-Champs  http://www.galerie-hors-champs.com

Les 15 artistes internationaux   ICI