C-ELLE QUI M'ACCOMPAGNE - Selfie, 2012-2017

 
 

Octobre 2012, dans l'avion pour la France, je me suis dit : "C'est toujours moi qui m'accompagne partout."

Janvier 2017, dans le train pour Grenoble, je me suis dit : "Finalement, j'apprécie chaque moment de solitude - Pour mieux m'écouter, mieux m'entendre."

« C-elle qui m'accompagne » est une série d’autoportraits prise avec un smartphone. Je le pose au sol, me penche au-dessus, puis déclenche la prise de vue à l’aide de mon orteil. L'écran du téléphone devient à ce moment-là un miroir , je cherche ma propre place dans l'espace.

Jing Wang

 

Avec « C-elle qui m'accompagne », Jing Wang nous propose un voyage inédit dans l’intime. Depuis plus de cinq ans (d’août 2012 à ce jour) cette série en cours suit fidèlement quelques règles simples : un endroit, un smartphone posé au sol et déclenché par le pied de l’artiste, sa chevelure noire au centre du cliché. Nous sommes donc à la fois dans l’autoportrait et dans le journal intime... Et dans cette exploration de l’intime, Jing gomme la gravité de la forme. Elle affiche par ses choix techniques de la couleur et du mode désormais désigné par "selfie" une banalité contemporaine. Dépourvu des attributs intimidants de la photographie d’art, « C-elle qui m’accompagne » est une série qui s’offre avec une très grande proximité, le sourire aux lèvres, en s’appropriant le titre.

Une petite promenade dans les images, une à une. A suivre…

Jérôme Planès

 

Dans cette série, les codes de la représentation de soi sont brisés, métaphore d’une société ultraconnectée et pourtant isolée. Prise à chaque fois en contreplongée et à contre-jour, l’artiste se scénarise et propose un autre regard sur son image. Noyé dans sa masse de cheveux noirs, le visage est masqué et le reste du corps joue avec l’environnement. Vêtue telle une dame noire, devenant créature chimérique ou apparaissant de manière mystique entourée d’un halo de lumière, elle crée des ambiances à la limite du réel, parfois glaçantes et intimes, de la fiction, entre personnage théâtral et bête cauchemardesque. Une démarche photographique qui lui permet de s’approprier les lieux qu’elle investit et les éléments qui s’y trouvent, mais aussi son image sans se dévoiler complètement.

Charline Corubolo, Entre toi et moi, dans Le Petit Bulletin N°979